Vincent Kaheri

Le troupeau a toujours tort

J'ai peur des trucs gratuits...

Rédigé par vincent 1 commentaire

Je dois être le seul couillon à être rassuré quand il faut payer pour un service ou un produit.

Et je vais plus loin: je suis TRES ravi content heureux (oui, tout ça) quand je sais que je dois payer un abonnement tous les ans.

Retour au siècle dernier

Tu te rappelles la folie des introductions en bourse de toutes les start-ups, dotcoms et "entreprises de la net-économie"?

J'y étais.

J'ai vu des boîtes comme Multimania s'introduire en bourse alors qu'elles ne gagnaient rien. Que c'étaient des gouffres à pognon, mais que "la pub allait financer tout ça".

Marrant, cet excès de confiance dans la pub. Moi, quand une page perso Multimania s'ouvrait et que 43 volets publicitaires et 17 pop-ups recouvraient le texte que je voulais lire, je ravalais mon envie d'en savoir plus et je fermais bien vite la fenêtre.

Pas de modèle commercial= gros risque

Et quand tu utilises un produit ou un service, c'est pareil. Le gratuit, c'est bien.

Mais quand tu n'es pas le produit toi-même, alors ton service gratuit peut disparaître du jour au lendemain.

Même pour des offres structurées!

J'ai été fan de Dotclear, pendant un temps. Un très bon CMS français. Ben sauf qu'à un moment, il a failli disparaître. Et je te parle pas de Geeklog dont je me demande à chaque fois s'il va rester en course.

J'ai utilisé, au début du siècle un moteur de wiki très puissant: WakkaWiki.

Disparu du jour au lendemain. Pouf. A pu.

Et je fais comment, moi, bon con que je suis? Ben j'ai annulé et remplacé... Un boulot énorme. Pour pas grand chose.

CloseToShop: une belle solution dure à vendre

Le créateur de CloseToShop me fait l'honneur de suivre mon blog... Si tu ne connais pas CloseToShop, ben va faire un tour sur leur site et crée un compte: ça t'envoie un email avec toutes les newsletters auxquelles tu es abonné. A chaque formulaire d'abonnement, tu donnes une adresse "@cts.lu" et ainsi personne n'a ton adresse personnelle.

Mieux: si un indélicat revend ton adresse email à des spammeurs ou à des entreprises, ben tu identifies tout de suite qui l'a fait puisqu'à chaque formulaire correspond une seule adresse @cts.lu

Un système assez génial, donc.

Mais pour l'instant pas monétisé du tout. Il ne tient que par la passion de ses créateurs.

Est-ce que je paierais pour un tel outil? Je ne peux pas répondre: ça dépendrait de l'offre. Gratuit pour 10 abonnements par exemple. Puis payant pour au-delà.

C'est le principe de facturation de Roboform: tout gratuit pour 10 formulaires. Payant pour en avoir plus.

Est-ce que CTS pourrait être développé en add-on à un service comme LastPass, par exemple?

Je n'en sais fichtre rien. Je ne sais pas coder.

En fait, c'est une des raisons pour laquelle je ne suis pas un fan absolu de l'open source 100% gratuit. Le principe de l'open-source, j'adore. Mais je ne peux pas assurer la pérennité d'un logiciel open-source: je n'ai pas les compétences...

Se rassurer par un modèle commercial

Le modèle qui me plaît bien, c'est le modèle Freemium.

Gratuit pour une quantité ou des fonctionnalités limitées et payant au-delà.

Regarde DropBox, par exemple: à peine 1% des utilisateurs paient.

Moi je paye Dropbox. J'ai 1 To de données disponibles, une vitesse de synchronisation rapide et une historisation illimitée de mes changements.

Si dropbox était resté une offre 100% gratuite, j'aurais été inquiet sur leur pérennité ou sur la sécurité de mes données.

Bref, je me méfie de ce qui est gratuit s'il n'y a pas de modèle commercial valide derrière.

Gratuit: warning!

Dans ma dernière newsletter, je te parle de Zapier et de ITTT.

Zapier est payant. Gratuit pour des besoins limités mais dès que tu utilises la bête et que tu veux aller plus loin, alors ça devient payant.

J'ai peur de ITTT. C'est totalement gratuit. Et nulle part je ne trouve de manière de monétiser la bestiole. Quand tu sais que tu donnes accès à ton compte Google, ton blog ou tes identifiants sur des tas d'applications, y'a de quoi avoir les poils qui se dressent sur les fesses.

La trouille mon ami.

Et c'est pour ça que je le redis: oui je suis content de payer. Pour être rassuré. Car si un jour ça dégénère, c'est vachement dur de se retourner contre un service gratuit...

Tu paies pas, alors y'a pas de contrat.

Le monde est régi par le pognon. Quand c'est gratos, un service est fourni "en l'état". Avec tous les risques que ça comporte...

1 commentaire

#1  - Alarc'h a dit :

Bonjour,

Il me semble lire, dans ton rapport avec l'informatique ce que je ressens face à l'automobile. J'habite à la campagne, donc pas de transports en commun, la première boulangerie est à 7,5 km, donc le vélo c'est bien mais ça a ses limites dans un mode aux distances calculées pour l'automobile. Donc j'ai une voiture. Je ne m'intéresse absolument pas à la voiture, tout ce que je demande c'est que ça me coûte le moins cher possible et que ça me déplace quand j'en ai besoin. Je suis contraint à l'utilisation de l'automobile.

Beaucoup de mes contemporains sont ainsi contraints d'utiliser un "ordinateur". Je reste persuadé que 99,99% de l'humanité n'a aucun besoin d'un ordinateur. Mais comme personne n'ose le dire, nous nous trouvons enfermés dans l'obligation (pour ne pas sembler dépassé, suivre la mode, ou simplement suivre la "réglementation") d'utiliser des machines. Contrairement à toi, j'ai appris à coder. Une partie de ma vie professionnelle a consisté à administrer des serveurs, développer du code. D'un point de vue intellectuel et ludique, c'est un jouet formidable, comme sans doute le moteur à explosion pour le passionné de mécanique. Mais sincèrement, personnellement, je n'ai jamais eu besoin d'un ordinateur pour faire des choses "sérieuses". L'informatique est juste un jeu intellectuel et aurait dû le rester.

Mais contrairement à toi (si j'en crois tes dires) je sais un peu comment ça marche, et je me méfie des produits non libres (gratuit c'est une autre affaire). J'utilise comme toi PluXml, j'ai vu que le code était assez mal écrit, plutôt mauvais, ce qui est une constatation et pas une critique, car si vraiment je voulais y remédier je m'impliquerait dans son développement ou dans le développement de mon propre cms. Mais je suis paresseux et je me contente de le hacker, de bidouiller le code comme je l'entends, court-circuiter les trucs qui me semblent pourris ou dangereux, me coupant à tout jamais d'une possibilité de mise à jour mangeable. Mais ce n'est qu'une activité de loisir, donc sans incidence sur ma vie réelle. Je sais qu'il peut disparaître du jour au lendemain. Si mon activité économique reposait dessus ça pourrait m'angoisser en effet.

Mais d'un autre côté j'ai pu voir, professionnellement, du code non libre, qui était largement aussi pourri. Je ne doute pas que du logiciel propriétaire puisse être également parfaitement écrit et propre, mais le problème est que si ce n'est pas le cas je ne peux rien y faire. Je suis obligé de faire confiance au vendeur de logiciel, comme je le fais à mon fabriquant d'automobile. Et ce n'est pas parce que je payerai que je serai plus rassuré. Bien entendu je pourrais théoriquement éventuellement me retourner contre une "structure" si l'on m'a vendu de la merde. Mais les conditions de licence sont là pour protéger l'éditeur de ce genre de velléités de la part des "utilisateurs finaux".

Donc ma conclusion est qu'en terme de produits logiciels le libre est toujours supérieur au propriétaire, malgré les risques que tu décris, le concept de logiciel libre n'ayant rien à voir avec celui de gratuité (sauf dans la duplice langue anglaise où free signifie les deux, ambiguïté qui en dit long sur la mentalité anglo-saxonne).

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